À la rencontre de… Carpediem, etc

Carpediem et moi, on a plein de choses en commun. Cette interview était très chouette – et on s’est laissées allées à discuter, du coup vous avez de quoi lire!
(C’est elle qui a rempli son mini-portrait)

Éplucheuse de smarties à temps partiel, petit poney power*, divorcée, 35 ans, mère alternée de 2 gnomes, sérivore, anglophone, écureuil, amoureuse de #F, adepte du chacun chez soi, hyperacousique, marmotte, bosse dans le web depuis 15 ans, ex-expat, passion gaufre nutella chantilly, cheveux rouges ou violets, passionnée, pleine de contradictions.

Merci Carpediem d’avoir accepter de répondre à mes questions (en deux fois).

La vie, c’est quoi pour toi?

Parfois une mauvaise farce et un mauvais moment à passer ; le plus souvent une opportunité d’apprendre et d’expérimenter des choses.
Arf, suis dans une phase cynique je me rends compte

C’est intéressant du coup. Est ce que tu peux me dire comment tu le voie quand tu n’es pas dans une phase cynique?

Ma vie ou la vie en générale ?

Je n’aime pas influencer. On va dire les deux pour simplifier.

Je vois la vie, et la mienne comprise, comme un enchaînement d’actions, de choix, et de surprises.
Rien n’est figé
Si je suis en période faste je me vois comme un petit papillon, ou un gros tiens, et le monde est à moi et rien ne m’arrête, les choses s’enchaînent sans accroche, c’est fluide, c’est doux.
Parfois ma vie à moi est plus compliquée, il y a des grains de sable, voire des cailloux, et c’est dur de trouver de quoi avancer.
Enfin, pourtant mère, je regrette d’avoir eu deux enfants, autant pour moi que pour eux, notre monde n’est pas assez beau je trouve et je ne leur ai pas fait de cadeau en leur donnant la vie
J’espère que je saurais en faire de belles personnes et qu’ils ne m’en voudront pas trop

Tu fais de ton mieux, c’est tout ce que tu peux faire je pense.

Oui, j’en suis bien consciente et je sais que je dépense beaucoup d’énergie à faire au mieux

Digression: comment tu définie « faire de ton mieux »?

Me donner à 200% même si j’y laisse des plumes, ne pas choisir la voie de la facilité, y mettre du cœur, être investie.
J’ai du apprendre avec les années à ne pas toujours autant m’investir dans ce que j’entreprenais, et que parfois on pouvait aussi faire quelque chose de juste « acceptable » et « suffisant ». Je me suis forcée dans certains projets à m’arrêter avant cette espèce de perfection que je vise en générale

Il me semble voir ce que tu veux dire.( J’essaie de ne pas influencer ce que tu me dis.)

J’ai en ce qui me concerne des standards très haut pour certaines choses.
Et ça dépend des périodes. Quand j’habitais à l’étranger avec mon ex-mari, le père de mes enfants, j’étais dans un environnement très hostile et du coup j’essayais de contrôler le contrôlable le plus possible. J’avais une liste très précise jour par jour des tâches ménagères par exemple. C’était très important pour moi.
Là tout de suite mon appart est en pagaille, et ça n’est pas grave, je n’ai plus ce besoin viscérale que ça soit bien et que je le fasse moi.
Ça n’est pas qu’une question de perfectionnisme, je ne sais pas comment l’expliquer

Est ce que c’est rassurant? Je me rends compte que ma question peut t’influencer, mais c’est le mot qui me vient.

Carrément.
J’ai très longtemps pensé que j’étais ce que je faisais, du coup il était aussi très important de BIEN faire les choses. Et puis j’ai accepté que j’étais pleine d’imperfections, et que certaines étaient aussi une force. J’ai posé un papier peint dans cet appartement, toute seule, c’est tout tordu à un endroit. Je sais que j’aurais pu réparer, mais j’aime bien regarder ce papier tordu avec affection.
C’est une manière de lâcher prise.

Je trouve ça beau que tu arrives à avoir ce regard.

Pour mes enfants, faire de mon mieux c’est arriver, parfois, à leur donner quelque chose que je ne pense pas avoir au fond de moi.

Est ce que je reviens à mes questions initiales? 😀

Oui 🙂 J’ai besoin que tu me cadres

C’est quoi l’amour pour toi?
(J’aime les déviations, j’aime que les autres se racontent, c’est magique pour moi)

🙂
L’amour est une force pour moi, quelque chose qui me meut, m’émeut, que je le donne ou le reçoive.
L’amour c’est quelque chose dont j’ai beaucoup douté pendant très longtemps, des années. Je ne me considérais pas comme « aimable », je n’avais pas vraiment l’impression que mes parents m’aimaient, et ne n’étais pas la fille qui avait plein d’amoureux.
Mes premières relations amoureuses vers 20 ans ont été assez chaotiques, je ne me laissais pas être aimée, je devenais insupportable pour être certaine d’avoir une raison que je comprenne et connaisse quand on allait me quitter.
L’amour et la bienveillance vont de paire je pense, même si on peut aimer quelqu’un et ne pas avoir les ressources à un moment M d’être bienveillant envers cette personne.
L’amour qui vient du ventre j’ai attendu 34 ans pour le connaître avec #F, il y a quelque chose d’inconditionnel.
J’aurais trop de difficultés à te parler de l’amour que j’ai pour mes enfants, c’est trop ambigu pour moi.
Mais en tout cas, cet amour que je porte, à moi et aux autres, et qu’on me porte, c’est un baume et une force, ça répare et apaise, ça fait avancer, c’est moteur.

C’est quoi la bienveillance pour toi?

Recevoir un gros câlin quand on pense qu’on ne le mérite pas 🙂
J’ai passé des années à me reprocher de mal faire des choses, j’étais ma pire ennemie je pense
J’ai encore des phases (lors de mes effondrements émotionnels) où ça m’arrive, mais ça n’est plus systématique ni quotidien.
Être bienveillante avec moi c’est essayer de prendre du recul, de voir l’ensemble de l’image, de ne pas me pourrir inutilement. Ça ne veut pas dire faire preuve de je m’enfoutisme, mais juste d’accepter que des fois ça se passe mal et que ça n’est pas la peine d’en rajouter.
C’est la petite voix dans ma tête qui fait office de meilleure amie.
Comme dans les dessins animés quand le personnage a un ange et un diable sur l’épaule droite et l’épaule gauche. Très longtemps je n’ai entendu que les méchancetés du petit diable. J’ai appris à laisser de la place au petit ange.

Dernière question?

Go

Qu’est ce que la force pour toi?

Un truc dans starwars ? :°

Tiens, Mme Déjanté m’avait fait la même 😀

M’étonne pas d’elle 🙂
Plaisanterie mise à part, j’avais fait exprès de joindre tes deux questions dans mes réponses, parce que c’est indissociable pour moi.
J’ai pas l’impression d’être forte ou courageuse, même quand je regarde des choses qui peuvent sembler demander cela, comme d’acheter seule une maison, ou être allée, pendant que nous habitions au Japon, chercher à pied l’Ainé à son école l’après midi de la catastrophe de Fukushima.
Il y a des situations pour lesquelles je n’ai pas le choix, je ne me pose pas la question, que je suis ici sur terre pour avancer et que donc quand j’ai les ressources pour le faire le je fais.
Je ne parle pas de force, mais de ressources.
Est-ce que j’ai la capacité mentale, physique, pour accomplir des choses plus compliquées que d’autres ?
Et puis ça veut dire quoi compliqué ? Pour moi faire des choses très simples peut être très compliqué (aller chercher mes enfants à l’école par exemple).

Dans ta phrase « Est-ce que j’ai la capacité mentale, physique, pour accomplir des choses plus compliquées que d’autres ? » Tu parles d’autres choses ou d’autres personnes?

Les deux 🙂
En tout cas l’amour reçu/donné, l’estime de moi, va jouer aussi sur mes jauges de ressources

Tu mets aussi l’amour donné dans ce qui remplie ta jauge?

Oui c’est un cercle vertueux

Tu peux développer?

Ça t’est déjà arrivé en ville de sourire presque bêtement dans la rue et que les gens qui te voient sourient à leur tour ? C’est pareil.
Alors évidemment si dans la rue on me crache dessus ça risque de pas forcement faire du bien à mes jauges.
Mais un acte d’amour gratuit, qui est accueilli et reçu, je trouve que ça fait grandir moi et ma jauge.

Comment tu nourris ta jauge? (Je suis en train d’avoir des idées de questions que je vais devoir poser aux autres interviewé-e-s!)

Là on rentre dans mes réflexions aspies, parce que ce fonctionnement ça ne fait pas deux ans que j’ai commencé à l’entrevoir et qu’il s’est encore clarifié après mes lectures aspies.
D’ailleurs si on me déclare non NA je partirai du principe qu’ils se plantent et que ça ne va pas remettre en question ce que j’ai découvert sur mon mode de fonctionnement.
Et pour te répondre je ne sais pas trop encore, j’ai surtout été attentive à ce qui la vidait trop rapidement pour le moment. Ce qui me rend heureuse et légère rempli ma jauge.

Merci pour cet échange touchant et magique.

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