« Dialoguer, est-ce possible ? » Une conférence de Jean Druel

[ La conférence est sous-titrée.]

Cette conférence m’a donné envie d’écrire un article, c’est dire si elle est bien !

Plaisanterie mise à part, je vous la recommande.
Jean Druel, moine dominicain atypique, partage ses réflexions sur le dialogue. Il parle de son expérience avec le dialogue inter-religieux mais aussi du dialogue dans toutes les situations.
Son message est peut-être basé sur son expérience en tant que moine, mais il sait le rendre universel, ce qu’il est. Je pense que nous avons tou.te.s des exemples de situations dont il parle.

Il développe 5 points :

1. Le but du dialogue n’est pas de se mettre d’accord mais de regarder nos différences, de les comprendre, d’échanger dessus et d’accepter que nous sommes tous différents.

J’avoue que ça commençait fort pour moi qui ai toujours besoin de comprendre, certes, mais aussi qui veut toujours s’accorder avec les autres.
Le but du dialogue n’est donc pas d’accorder mes idées à celles des autres ? C’est révolutionnaire !
(Je le savais déjà, mais c’est bien d’avoir des rappels.)

2. Être vrai, être soi-même sans jouer de rôle – culturel, religieux, genré etc. C’est à dire sans faire du dialogue identitaire.

En regardant la conférence, je me disais que tout ce qu’il dit me semble une évidence.
En écrivant cet article, je réalise que c’est un sujet particulier pour moi. Mon identité est un grand questionnement, et je n’ose pas dire des choses qui pourraient être différentes des idées globales de groupes auxquels je pourrais appartenir. Par exemple, je ne parle / me prononce plus sur les thèmes de l’autisme, de la neuro-diversité, du genre parce que je ne suis pas représentante de ces groupes et j’ai peur que ma parole d’individu porte préjudice à un groupe.
Alors que les groupes sont constitués d’individus qui n’ont pas les mêmes vécus etc. (Ce qui revient au point 1.)

3. Écouter. Écouter. Écouter.

Il propose des façons de faire dans la conférence, je vous laisse aller voir.
Je vous en propose une autre : l’écoute ouverte. Elle sort du contexte du dialogue mais répond au besoin d’écoute.
Prévenez la personne avant, ça peut surprendre sinon.
Écoutez sans commenter, reformuler, rien. En quelque sorte, soyez uniquement une oreille et un cœur (pour la compassion et l’accueil). Ne prenez la parole que si la personne vous pose une question.
Quand la personne a fini, elle dit « Voilà », comme ça vous savez que c’est fini. Des fois, on repart quand-même, soyons honnête.
Le fait d’être face à une personne qui nous écoute, sans pour autant s’investir dans la communication, peut permettre de dérouler ses propres idées et d’avoir des prises de conscience.

4. Est-ce que l’on parle de la même chose ?
Je vous laisse écouter (ou lire) son explication. C’est un point essentiel, comme il le dit.

5. La bienveillance dans sa façon de communiquer. Et faire confiance, à priori l’autre n’est pas là pour faire du mal.

La première partie me semble logique : quel intérêt de balancer des remarques blessantes – y compris sous couvert d’humour ?
La deuxième partie me semble difficile, surtout quand on a une histoire remplie de communications blessantes. (Je ne pense pas forcément à moi mais à plein de personnes que je connais.) Comment ne pas avoir peur à priori de rentrer dans le dialogue quand la majorité des communications qu’on a eu ont été blessantes ?
Et comment « laisser tomber » quand on reçoit des piques, au mieux, voire des agressions verbales toute la journée ?
J’avoue, cette partie me laisse perplexe.

Pendant une partie de la conférence, je me suis demandée « Je suis d’accord pour dialoguer, mais est-ce que je suis sensée me forcer quand c’est douloureux ? Quand la personne me rejette ? Quand elle essaie de me convaincre et piétine mes idées, mon identité ? »
Une question similaire a été posée à la fin de la conférence et la réponse, en résumé, a été « non ». Il ne s’agit pas de rester dans le dialogue quand on a mal.
Concrètement, ce n’est pas toujours facile à faire (ex. avec les collègues), mais c’était important que ce soit dit.

J’espère avoir dit suffisamment pour vous donner envie de la voir, mais pas trop pour que ce soit inutile.

Une autre raison qui m’a donné envie d’écrire cet article est que « Alive and Kicking » a été créé par une de mes très bonnes amies qui a fait un travail remarquable. Notamment avec les sous-titres… !

Bonne conférence!

Jean Druel a aussi écrit trois livres, dont « Je crois en Dieu, moi non plus » – sur le dialogue inter-religieux, mais pas que – aux éditions du Cerf.


Petits signes

A la recherche des graines de vie…

D’abord, c’était les deux phrases d’une chanson qui m’ont marquée. On regardait la finale de The Voice avec ma mère et Lisandro a interprété « Mon Everest » en duo avec Soprano. Le texte en entier m’a touchée mais ces phrases sont restées :

« Tout est possible quand tu sais qui tu es
Tout est possible quand t’assume qui tu es. »

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Vous vivez des morceaux de ma vie

(Je l’ai écrit hier soir vers 23h, j’étais fatiguée. Mais comme j’ai posté la photo du papier sur instagram en disant que je l’écrirais ici, le voilà.)

Je commence et vous prenez la suite.
Je vous regarde du bas-côté et je me demande ce que j’ai raté.
J’ai forcément raté quelque chose puisque vous y arrivez, vous.
A écrire, à vivre mille vies, mille voyages, mille amours…
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Si j’accueille la prison, ce n’est plus une prison.

[J’ai écrit cet article dans le sens inverse de celui dans lequel il m’est venu à l’esprit parce que je ne le retrouvais plus.]

Dans l’enseignement de la non-dualité, on expérimente le fait que « je ne suis pas ce que je crois être : le corps, les pensées, les croyances, les conditionnements, l’identité. Je suis « ce qui est », ce dans quoi tout ça se manifeste. ».

Alors c’est un non-sens pour moi de vouloir à tout prix « exprimer que je suis », exprimer mon identité, exprimer mes opinions. Et c’est un non-sens de me sentir en prison parce que je suis limitée par les possibilités de mon corps et de mon mental, et par des situations extérieures.
Mon identité n’existe pas, il n’y a rien à exprimer.
Mon corps et mon mental n’existent pas, il n’y a pas de limitation.
L’extérieur n’existe pas, il n’y a que « ce qui est ».
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Tomber amoureuxse

(Je me suis souvenue ce matin d’une phrase lue dans un article de Danielle LaPorte: « Don’t die with your music still in you », « ne meurs pas avec ta musique toujours en toi », qui était une citation de quelqu’un d’autre. Je le retrouverais. Ça m’a fait réaliser que, trop souvent, je ne prends pas le temps d’écrire les petits articles, poèmes, réflexions qui traversent mon esprit. Alors ce matin j’ai avalé un biscuit, je ne fonctionne pas bien sans manger, et j’ai écrit ma musique. Enfin, mes mots. Parce que, même si je suis entourée de personnes extrêmement douées, j’ai aussi une musique en moi qui a envie de se dire.)

J’aime dire « l’amoureux » en parlant de lui sur les réseaux sociaux. Parce qu’il ne m’appartient pas, il n’est pas à moi.
C’est vrai que je lui dis « mon coeur » ou « mon amour », je ne sais pas encore dire autrement.

Luna n’est pas non plus « mon chat », nous vivons ensemble. C’était une disgression.
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Trois

Quand j’étais enfant, j’avais une horloge carrée dans ma chambre avec un cœur à la place du trois. Je pense que je l’avais choisi.
Pour moi, le cœur représentait mes parents et moi.
Puis elle est passée dans la cuisine, en face de ma place à table. Le trois est resté nous trois, puis aussi le chien et les deux chats pendant leur brève cohabitation ; et parfois, quand j’y pensais, mes frère et moi – les trois enfants de mon père.

Puis le trois est devenu les deux chats et moi, puis il est passé un moment à quatre – deux humains et deux chats ; puis il est revenu à trois – deux humains et un chat, ou trois chats suivant qui était là.
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