Ma vie c’est aussi…

[Trigger warning / Attention aux déclencheurs : mention de mort, de crises violentes]

Ma vie ce n’est pas que les histoires de chats, les séminaires et lectures spirituelles, les voyages à Paris.

Ma vie c’est aussi la maladie mentale, les troubles de l’humeur, les troubles du spectre autistique.

Ma vie c’est aussi les crises:
de panique,
de souffrance,
de colère,
de violence envers moi, et verbale envers les autres..

Ma vie c’est aussi la honte et la culpabilité:
de ne pas savoir faire autrement,
d’avoir besoin d’un traitement,
de ne pas savoir utiliser toutes les techniques que j’ai apprise,
de continuer à être identifiée au personnage,
d’être vue comme ça…

Ma vie c’est aussi la haine de moi et la culpabilité parce que je fais subir un enfer aux autres.

Ma vie c’est aussi les journées:
passées à pleurer et paniquer,
au bord de l’étang à envoyer des messages angoissant et sans sens à mes proches,
gâchées, encore et encore…

Ma vie c’est aussi les repas sautés.

Ma vie c’est aussi parfois prier pour que mon cœur s’arrête et que je ne fasse plus subir ça aux autres.

Ma vie c’est aussi m’interdire de faire ce que j’aimerais parce que ça risque de me stresser et donc d’exploser et donc que les autres subissent.

Ma vie c’est aussi ma mère qui parfois n’ose plus me demander ou me parler parce qu’elle a peur que j’explose.

Ma vie c’est aussi le stress de mes proches, leur frustration et leur colère face à leur impuissance.

Ma vie c’est aussi dire aux autres ce que je me rappelle à moi:
que la bienveillance, la paix, l’amour, ça commence en nous.
Je suis incapable de le faire et j’ai honte et je me hais pour ça.

Ma vie c’est aussi demander pardon encore et encore tout en sachant que je ne sais pas faire autrement et qu’ils subiront encore et encore.

Ma vie c’est aussi mes proches qui me tendent la main comme ils peuvent sans pouvoir faire grand-chose.

2 réflexions au sujet de « Ma vie c’est aussi… »

  1. Tu as le droit d’exister. Tu as un chemin interne à parcourir et il prendra le temps qu’il faudra, mais vraiment n’oublie pas que tu as le droit d’être toi. Les choses sont ainsi, je pense qu’on peut dire que « ce n’est pas juste » (je ne compte plus combien de fois je me suis demandé « pourquoi moi » avant de culpabiliser de le faire)… Mais tu es ce que tu es et tu as le droit de l’être. Et peut être que ça implique de ressentir très fort, de prendre des médicaments, et sans doute que tes proches ne comprennent pas et sans doute que c’est normal…
    Mais on ne gagne pas une guerre contre soi-même.

    Alors j’espère fort que tu sauras renouer, petit à petit, t’autoriser à lâcher prise pour pouvoir te réconcilier et continuer à avancer.
    Plein de courage en tout cas. Il en faut pour suivre ce chemin… Mais ça vaut le coup, je crois.
    Prends soin de toi. 🙂

    • (Un commentaire de toi!)

      Mes proches comprennent, plus ou moins. Ils ne me culpabilisent pas, en tout cas.
      Ma mère subit depuis longtemps donc aimerait que je sache gérer autrement – comprendre « sans lui en mettre plein la truffe », et je le souhaite aussi.
      Ils sont surtout désemparés face à tout ça.

      J’ai l’impression d’osciller entre des moments où je vais bien, où je suis en accord et en amour avec moi-même, et des moments où je suis au fond du trou et où je me déteste.
      J’aspire à moins de descentes et moins de violence dans les descentes, les montées sont rarement très hautes.
      Merci de ton message. <3

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