Avons-nous peur de l’impermanence ?

Je regarde les étangs le long de la voie ferrée et, tandis que j’admire les couleurs – le bleu foncé de l’eau, les vert et orangé des plantes – je ne pense qu’à une seule chose : sortir mon appareil photo pour immortaliser cette vue.

Pourquoi ne suis-je pas capable de simplement l’apprécier, la savourer dans l’instant ?

Je suis en train de lire « Où tu vas, tu es » de Jon Kabat-Zinn, sur la pratique de la pleine conscience, et je fais le lien entre refus de l’impermanence et fuite du moment présent.

En effet, si je cherche à figer un moment, un lieu, une personne, n’est ce pas par peur du futur, du changement inévitable, et donc par anticipation ?

Au début de son livre, Jon Kabat-Zinn parle de la recherche d’un autre instant où tout serait meilleur que dans le présent.
Et si nous cherchions aussi à figer le présent quand il nous plaît ?

Chaque fois que je pense au futur – ou au passé – je rate le moment présent. Hors, je n’existe réellement qu’à cet instant.
Si je ne vis pas pleinement ce moment, je ne le vivrais pas.

Cela ne m’empêchera pas de continuer à faire des photos, je le vis comme une expérimentation pour ouvrir mon regard sur le monde, mais je vais y mettre plus de présence. Savourer autant la vue que la prise de vue.

Vivre l’instant impermanent, pleinement.

Et vous, fuyez-vous le présent ou souhaitez-vous le figer?

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