Journée de sensibilisation à l’autisme 2015

Cette année encore, je ne serais pas en bleu, tout comme en 2014.

Cette année, je serais en rouge pour soutenir le mouvement « Walk in red » (marcher en rouge) créer par des personnes autistes.
Un de leurs slogan est « Love not fear » – « amour, pas peur » – je ne peux qu’adhérer.

J’aimerais que les associations qui veulent aider les personnes autistes s’intéressent aux autistes, à tou.te.s les personnes sur ce spectre, et pas juste à ce que disent certains médecins neurotypiques qui n’ont aucune idée de ce que l’on vit.
J’aimerais qu’elles prennent le temps d’écouter ce que chacun.e a à exprimer – par mots, comportements, écrits – pour savoir réellement ce que nous vivons et ce dont nous avons envie et besoin.
J’aimerais que les associations validistes ne soient plus les plus connues et financées.
J’aimerais que certains parents arrêtent de vouloir nous dresser comme des animaux pour que nous soyons « normaux » et que nous ne les embarrassions pas ni ne leur demandons de revoir leur façon de regarder la vie. (Je remercie mes parents qui ne sont pas comme ça)

Validiste, ça veut dire que la norme définie est d’être valide, donc toute personne étant handicapée ou neuroatypique (= ayant un fonctionnement neurologique différent de la « majorité ») est vue comme diminuée, différente, que l’on doit guérir ou réparer.
La société est validiste et c’est une de ses faiblesses.
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10 ans déjà…

C’était début février, je venais de passer un mois à essayer d’étudier et passer mes examens – j’étais en troisième année de licence dans une université anglaise – malgré les crises d’angoisse quasi-permanentes.
J’ai réussit mes examens, d’ailleurs.
Je suis rentrée pendant la semaine de vacance entre les semestres, ce que je ne faisais jamais.
Et puis, je n’ai pas pût repartir. La souffrance était trop grande et je ne savais pas comment la dire.
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Je suis autiste

Cela affecte mes capacités à gérer les relations humaines.
Ça ne se voit pas, c’est vrai, car je suis douée pour créer des relations ou avoir des moments de connections profondes avec les êtres.
Cependant, je ne suis pas douée pour maintenir les relations, penser à prendre des nouvelles, parler de thèmes « de tous les jours ».
En particulier, les thèmes du travail et des enfants me sont inconnus car ils ne font pas partie de mon expérience, et je me sens très vite dépassée par ces conversations.
Par contre, si vous voulez parler de développement personnel et de spiritualité, je suis votre humain !

Je sais que ce que je viens d’écrire peut amener des pensées de type « elle peut faire des efforts ».
Je voudrais rappeler que « jugements + critiques + comparaisons = attaques envers et de soi-même ». Ce n’est pas moi que vous critiquez ou jugez, c’est vous-même.

Ce que vous voyez en moi est un miroir de ce que vous avez en vous.

J’ai fait le choix d’apprendre à apprécier mes capacités, à aimer sans condition l’être merveilleux que je suis et à apprivoiser mes spécificités.

Je n’ai aucun problème, aujourd’hui, avec mon incapacité à avoir des relations sociales classiques.
Ma solitude m’apporte énormément.
J’aime aussi partager et échanger, mais je ne sais pas faire le premier pas et, visiblement, je ne suis pas en train de l’apprendre. Peut-être que cela ne fait pas partie de mon programme d’apprentissage dans cette vie, et cela me va.
Tout me va.

Cependant, si vous ressentez l’envie ou le besoin de me parler et d’échanger avec moi, n’hésitez pas.


Le puzzle

J’ai une forme d’autisme : une pièce.
Je suis attirée par les hommes et les femmes : une pièce.
J’ai un corps féminin : une pièce.
Je ne me reconnais pas dans les genres : une pièce.
Je suis chamane et druide : une pièce…

Je suis chacune de ces pièces, mais aucune ne me définit.
Je suis le puzzle en entier, chaque pièce a sa place, harmonisé, équilibré.
Je suis bien plus que chacune de ces pièces prise séparément, et même plus que leur somme.

J’aime chacune des pièces que je connais et chacune des pièces que je ne connais pas.
J’aime le puzzle en entier et chacun de ses détails.

Le seul moyen que j’ai trouvé pour que toutes ces pièces soient harmonisées est de regarder le puzzle en entier.
Alors, tout prend sens.
Et ma vie tout entière est transformée.


Vaincre l’autisme ?

C’est un sujet sur lequel j’avais déjà écrit: Guérir l’autisme? [point philosophique] et – sur la « posture de bataille » –  Se battre ou construire et mener une quête? sur mon ancien blog.

Il y a une association en France qui fait beaucoup parler d’elle ces temps-ci.
Elle s’appelle «Vaincre l’autisme».

J’ai échangé avec plusieurs autistes et parents d’autistes sur les réseaux sociaux et nous sommes d’accord : nous ne voulons pas d’une guerre contre l’autisme.

Pour moi, parler de «se battre», de «vaincre», de «bataille» est extrêmement négatif et me fait penser à la guerre, et à la destruction.
La volonté de se battre attire les batailles et les ennemis.
Je ne me bats pas pour que l’autisme soit accepté.

J’œuvre pour que l’autisme soit accepté.

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Parfois, les rappels de la vie réveillent la douleur

Je suis autiste.

Au quotidien, quand je suis dans mon jardin, que je fais mes tâches ménagères, que je parle avec mes chats ou que je tombe – pour la énième fois – de la planche à voile, je n’y pense pas.

Souvent, quand je veux organiser quelque chose qui sort de l’ordinaire, j’y pense volontairement et le prend en compte pour que tout se passe au mieux.
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