[Lecture] « Essaie encore, échoue encore, échoue mieux » de Pema Chödrön

Couverture du livre - fond blanc, dessin à l'encre noire qui ressemble a un bout de spirale, texte écrit en noir et rouge (titre, sous-titre, nom de l'autrice)« Conseils de sagesse pour aller de l’avant »

C’est le deuxième livre de Pema Chödrön que je lis, je n’ai d’ailleurs jamais fait d’article sur le premier, et je l’ai autant aimé.
J’aime sa façon de s’adresser à nous, et le fait qu’elle ne se présente pas comme « celle qui sait ». Elle parle aussi de ses difficultés et cela crée une vraie relation, autant que possible via un livre.

Le livre est divisé en deux parties : d’abord, le discours qu’elle a prononcé lors de la remise de diplômes à l’université Naropa (USA) en 2014 ; ensuite, une séance de questions-réponses avec une journaliste.
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[Conférence] « Être libre, le grand chantier de l’existence » par A. Jollien, M. Ricard, C. André

« ETRE LIBRE,
le grand chantier de l’existence
Un psy, un moine et un philosophe nous racontent comment nous libérer de nos peurs, de préjugés et de nos dépendances. »

Le 1er février, j’ai eu le plaisir d’assister à la conférence donnée par Alexandre Jollien, Matthieu Ricard et Christophe André à l’occasion de la sortie de leur nouveau livre « À nous la liberté ! ». Elle se passait au Palais des congrès de Paris et était retransmise en direct dans plusieurs cinémas.
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À la découverte de Tromsø

J’ai entendu parlé de Tromsø presque deux ans et demi, avant d’y aller enfin il y a un an.
J’ai tardé à poster cet article, le voilà.

Tromsø, Troms, Nord-Norge, Norvège, du 14 au 18 décembre 2017

Le froid, la neige, la nuit.
Ça, c’était ce à quoi je m’attendais, et c’était bien là.
Mais pas comme je l’imaginais.
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Tomber amoureuxse

(Je me suis souvenue ce matin d’une phrase lue dans un article de Danielle LaPorte: « Don’t die with your music still in you », « ne meurs pas avec ta musique toujours en toi », qui était une citation de quelqu’un d’autre. Je le retrouverais. Ça m’a fait réaliser que, trop souvent, je ne prends pas le temps d’écrire les petits articles, poèmes, réflexions qui traversent mon esprit. Alors ce matin j’ai avalé un biscuit, je ne fonctionne pas bien sans manger, et j’ai écrit ma musique. Enfin, mes mots. Parce que, même si je suis entourée de personnes extrêmement douées, j’ai aussi une musique en moi qui a envie de se dire.)

J’aime dire « l’amoureux » en parlant de lui sur les réseaux sociaux. Parce qu’il ne m’appartient pas, il n’est pas à moi.
C’est vrai que je lui dis « mon coeur » ou « mon amour », je ne sais pas encore dire autrement.

Luna n’est pas non plus « mon chat », nous vivons ensemble. C’était une disgression.
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Trois

Quand j’étais enfant, j’avais une horloge carrée dans ma chambre avec un cœur à la place du trois. Je pense que je l’avais choisi.
Pour moi, le cœur représentait mes parents et moi.
Puis elle est passée dans la cuisine, en face de ma place à table. Le trois est resté nous trois, puis aussi le chien et les deux chats pendant leur brève cohabitation ; et parfois, quand j’y pensais, mes frère et moi – les trois enfants de mon père.

Puis le trois est devenu les deux chats et moi, puis il est passé un moment à quatre – deux humains et deux chats ; puis il est revenu à trois – deux humains et un chat, ou trois chats suivant qui était là.
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Tonglen – pratique bouddhiste de compassion envers soi et les autres

J’ai lu le livre « Conseils d’une amie pour des temps difficiles » de Pema Chödrön et ça fait un moment que je veux écrire un article dessus.
Plus récemment, je voulais écrire sur Tonglen depuis les élections américaines.
Et puis, hier soir, je suis restée devant twitter jusqu’à 1h30 du matin, assommée face à ce qui se passe à Alep.
Je ne ferais pas de politique, je ne sais pas qui sont les méchants et les gentils – je sais que c’est plus complexe que ça, ne vous inquiétez pas. Ce que je sais c’est que des gens meurent – et ça dure depuis 4 ans, 5 ans, en Syrie ? – et que je vois plein de personnes se sentir complètement impuissantes, et s’en vouloir de cette impuissance.
Je n’aborderais pas « on peut aider les réfugié-e-s ici ». Je suis consciente de cela, mes amies en sont conscientes. Ce n’est pas le but de cet article.

Le but de cet article est de parler d’une pratique de méditation qui répond à ce sentiment d’impuissance – face à la situation en Syrie, face à tous les conflits dans le monde, face à la souffrance des proches…
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Dévotion

Quand j’ouvre la porte un nombre incalculable de fois aux chats ;
Quand je traverse une partie de la France tous les mois ;
Quand je bloque au moins une heure par jour pour les pratiques ;
Quand je souris aux inconnu-e-s et que je dis bonjour ;
Quand je plaisante avec les autres pour les faire sourire ;
Quand j’écoute les ami-e-s sans chercher à les sauver ;
Quand j’accepte de prendre un remède pour être plus apaisée ;
Quand je mets un tapis de yoga dans mon sac pour pratiquer ailleurs ;
Quand je dis « oui » à la vie même si ça veut dire prendre l’avion ;
Quand je vais voir des films que je ne serais pas allée voir ;
Quand j’aime l’humain parce qu’il est divin ;
Quand « je » œuvre à sa propre dissolution malgré la peur ;

Dévotion

« L’amour en minuscule » de Francesc Miralles

couverture du livreJ’avais adoré le premier livre co-écrit par lui que j’ai lu – « Le plus bel endroit du monde est ici » – alors je n’ai pas réfléchi en prenant celui-là.

Samuel de Juan est un solitaire qui compte les minutes qui lui restent à vivre le soir en s’endormant. Jusqu’au jour où un chat s’invite dans son appartement et dans sa vie, ce qui va perturber ses habitudes et l’amener à rencontrer de nouvelles personnes qui vont chacune lui faire découvrir de nouvelles facettes de la vie et de lui-même.

On retrouve le côté philosophique et les rencontres du premier livre, avec moins de côté onirique. Cette fois, les personnages sont « bien réels » mais tout aussi bousculant – et ne boivent pas autant de chocolat chauds.
Ils nous amènent à prendre conscience que chaque événement a une cause et une conséquence, à regarder la face cachée de la lune et à nous questionner sur la réalité de la vie.

Le lire après un séminaire sur l’éveil était intéressant, il y a plusieurs passages qui m’ont fait penser aux questionnements sur « qui suis-je réellement et qu’est ce que la vie? ».

Ma seule critique serait la manière dont est présentée/amenée la relation amoureuse, mais elle sert aussi de support à de belles prises de conscience du personnage principal sur la manière dont la vie s’écoule et comment nous influençons sa direction… ou non.

(Une fois encore, j’aime la couverture!)


Illégitime et incompétente

Voilà les deux sentiments qui me font considérer l’arrêt de ce site, voire de mes écrits en général (y compris sur twitter).

Illégitime:

  • vis à vis de l’autisme, parce qu’en janvier des psychiatres sont revenu sur mon diagnostic et qu’ils n’avaient peut-être pas tord. Je me reconnais très peu dans le vécu et les «symptômes» que présentent les autres personnes autistes. Je ne veux plus en parler pour ne pas leur porter préjudice.
  • Vis à vis de la non-binarité de genre, parce que suite à l’écriture de cet article j’ai fait une thérapie qui semble avoir résolu mon trouble de la personnalité multiple. Je n’oscille plus entre mes identités fille et garçon, je me genre spontanément au féminin… bref, je suis une fille cisgenre à priori. Je ne veux plus non plus en parler pour ne pas porter préjudice aux personnes réellement concernées.

Incompétente:

j’avais commencé des recherches pour écrire sur l’appropriation culturelle dans le milieu (vaste) de la spiritualité et du développement personnel.
Quand je vois

  • la difficulté à accéder aux ressources fiables sur les personnes qui sont des fraudes (par exemple, les chamanes en plastique, encensé-e-s aux USA et en Europe et dénoncé-e-s par les tribus dont ils/elles se disent les descendants)
  • les désaccords au sein des communautés (vu dans le cas du yoga ou du chamanisme et des traditions des Peuples Premiers Américains)
  • l’usage courant de termes venant d’autres traditions et cultures mais occidentalisés, et perdant leur sens premier (chamane, prana, chakra par exemple)
  • la complexité des paramètres à prendre en compte pour parler d’un sujet donné (par exemple les traditions néo-païennes basées sur des traditions en partie oubliées, dans un contexte géographique et politique qui évolue)

Je prends conscience que c’est un sujet trop vaste pour moi et que je n’ai pas les compétences requises pour en parler.

De plus, j’ai pris conscience que le milieu de la spiritualité – développement personnel – new age était rempli d’appropriation culturelle – la plupart du temps involontairement, dans certains cas c’est fait de manière très consciente et volontaire.

Comment est-ce que je pourrais continuer à parler de cela en connaissance de cause?
Chaque article que j’écris comporte potentiellement de l’appropriation culturelle sans que j’en ai conscience – j’ai grandit dans ce milieu et absorbé beaucoup de concepts probablement issus d’autres cultures et traditions.

Écrire sur ces sujets est quelque chose de très important pour moi – pour pouvoir peut-être donner un autre point de vue sur la diversité de la vie notamment – mais ne pas faire de tord aux autres l’est encore plus.