En attendant le solstice: Un renardeau et sa cape

Théodore était très embêté : Minka ne lui avait pas amené la soie dont il avait besoin pour coudre les tenues du solstice. Ça ne lui ressemblait pas.
Il avait bien d’autres commandes, certes, mais il était le seul à l’atelier à savoir couper et assembler la soie de manière impeccable. Ses apprenti.e.s étaient très doué.e.s mais aucun.e n’avait encore la dextérité requise, même si ça viendrait vite.

Minka était bien ennuyée : elle n’avait pas encore pu apporter la soie à Théodore, et elle savait à quel point il en avait besoin.
Mais Shani, sa fille, traversait une période compliquée : sa capacité de métamorphose s’était réveillée et elle ne la maîtrisait pas encore.
Elle se retrouvait donc à alterner entre le corps d’une petite fille de trois ans et celui d’un renardeau à neuf queues, ce qui nécessite une certaine adaptation, et il était hors de question pour Minka de la confier à une voisine même brièvement.
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En attendant le solstice: Un marteau ou une hache ? Et pourquoi pas un livre ?

[Mention de nourriture]

Vorel était bien embêté : il lui restait 20 jours pour trouver un cadeau à Marla, et il n’avait pas la moindre idée de ce qui lui ferait plaisir.
Ce n’est pas tant qu’il connaissait mal son amie, mais plutôt qu’il n’y connaissait rien en armes, et c’était une grande passion de Marla.

Leur amitié était assez étrange, un elfe et une naine n’étaient pas fait pour s’entendre, mais depuis que Marla avait fait fuir la bande d’étudiants qui le persécutaient, ils ne s’étaient plus quittés.
Il faut dire que Vorel avaient malheureusement le don de se retrouver en mauvaise posture, et que Marla était toujours partante pour une bagarre.
Sans armes, évidemment, étant donné qu’elles sont interdites « dans l’espace public, hormis pour la garde », mais elle n’en avait pas besoin.
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En attendant le solstice: Quand ça veut pas…

[Mention d’alcool]

« Satanée machine ! Je t’ai dit de chauffer, pas de brûler ! »
Et en effet, l’odeur venant de l’atelier sentait bien le brûlé.

Samuel sortit, furieux et fumant (lui aussi), en enlevant son tablier.

Herbert, son compagnon, l’attendait devant la porte avec une tasse de thé.

« Quand j’ai senti l’odeur, je me suis dit que tu en aurais besoin. » Lui dit-il en lui tendant la tasse.

« Merci, mais je crois que j’aurais besoin de quelque chose de plus fort… Oh ! Il y a quelque chose de plus fort. » Dit-il en sentant l’odeur de liqueur de pêche violette qui se dégageait de la tasse.

Herbert sourit. Après 50 ans passés ensemble, il commençait à le connaître.
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Nouvelle série: « en attendant le solstice »

Monde imaginaire ou monde inaccessible ?

On appelle créatures imaginaires celles que l’on retrouve dans les mythes, légendes, contes et folklores.

Et si, au lieu d’exister dans un monde imaginaire, elles existaient en fait dans un monde qui nous est maintenant inaccessible ?

On l’appelle Avalon, le monde souterrain, l’autre monde …

Et si les humains en avaient été banni un jour ?
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Tomber amoureuxse

(Je me suis souvenue ce matin d’une phrase lue dans un article de Danielle LaPorte: « Don’t die with your music still in you », « ne meurs pas avec ta musique toujours en toi », qui était une citation de quelqu’un d’autre. Je le retrouverais. Ça m’a fait réaliser que, trop souvent, je ne prends pas le temps d’écrire les petits articles, poèmes, réflexions qui traversent mon esprit. Alors ce matin j’ai avalé un biscuit, je ne fonctionne pas bien sans manger, et j’ai écrit ma musique. Enfin, mes mots. Parce que, même si je suis entourée de personnes extrêmement douées, j’ai aussi une musique en moi qui a envie de se dire.)

J’aime dire « l’amoureux » en parlant de lui sur les réseaux sociaux. Parce qu’il ne m’appartient pas, il n’est pas à moi.
C’est vrai que je lui dis « mon coeur » ou « mon amour », je ne sais pas encore dire autrement.

Luna n’est pas non plus « mon chat », nous vivons ensemble. C’était une disgression.
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Trois

Quand j’étais enfant, j’avais une horloge carrée dans ma chambre avec un cœur à la place du trois. Je pense que je l’avais choisi.
Pour moi, le cœur représentait mes parents et moi.
Puis elle est passée dans la cuisine, en face de ma place à table. Le trois est resté nous trois, puis aussi le chien et les deux chats pendant leur brève cohabitation ; et parfois, quand j’y pensais, mes frère et moi – les trois enfants de mon père.

Puis le trois est devenu les deux chats et moi, puis il est passé un moment à quatre – deux humains et deux chats ; puis il est revenu à trois – deux humains et un chat, ou trois chats suivant qui était là.
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Tonglen – pratique bouddhiste de compassion envers soi et les autres

J’ai lu le livre « Conseils d’une amie pour des temps difficiles » de Pema Chödrön et ça fait un moment que je veux écrire un article dessus.
Plus récemment, je voulais écrire sur Tonglen depuis les élections américaines.
Et puis, hier soir, je suis restée devant twitter jusqu’à 1h30 du matin, assommée face à ce qui se passe à Alep.
Je ne ferais pas de politique, je ne sais pas qui sont les méchants et les gentils – je sais que c’est plus complexe que ça, ne vous inquiétez pas. Ce que je sais c’est que des gens meurent – et ça dure depuis 4 ans, 5 ans, en Syrie ? – et que je vois plein de personnes se sentir complètement impuissantes, et s’en vouloir de cette impuissance.
Je n’aborderais pas « on peut aider les réfugié-e-s ici ». Je suis consciente de cela, mes amies en sont conscientes. Ce n’est pas le but de cet article.

Le but de cet article est de parler d’une pratique de méditation qui répond à ce sentiment d’impuissance – face à la situation en Syrie, face à tous les conflits dans le monde, face à la souffrance des proches…
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Dévotion

Quand j’ouvre la porte un nombre incalculable de fois aux chats ;
Quand je traverse une partie de la France tous les mois ;
Quand je bloque au moins une heure par jour pour les pratiques ;
Quand je souris aux inconnu-e-s et que je dis bonjour ;
Quand je plaisante avec les autres pour les faire sourire ;
Quand j’écoute les ami-e-s sans chercher à les sauver ;
Quand j’accepte de prendre un remède pour être plus apaisée ;
Quand je mets un tapis de yoga dans mon sac pour pratiquer ailleurs ;
Quand je dis « oui » à la vie même si ça veut dire prendre l’avion ;
Quand je vais voir des films que je ne serais pas allée voir ;
Quand j’aime l’humain parce qu’il est divin ;
Quand « je » œuvre à sa propre dissolution malgré la peur ;

Dévotion

« L’amour en minuscule » de Francesc Miralles

couverture du livreJ’avais adoré le premier livre co-écrit par lui que j’ai lu – « Le plus bel endroit du monde est ici » – alors je n’ai pas réfléchi en prenant celui-là.

Samuel de Juan est un solitaire qui compte les minutes qui lui restent à vivre le soir en s’endormant. Jusqu’au jour où un chat s’invite dans son appartement et dans sa vie, ce qui va perturber ses habitudes et l’amener à rencontrer de nouvelles personnes qui vont chacune lui faire découvrir de nouvelles facettes de la vie et de lui-même.

On retrouve le côté philosophique et les rencontres du premier livre, avec moins de côté onirique. Cette fois, les personnages sont « bien réels » mais tout aussi bousculant – et ne boivent pas autant de chocolat chauds.
Ils nous amènent à prendre conscience que chaque événement a une cause et une conséquence, à regarder la face cachée de la lune et à nous questionner sur la réalité de la vie.

Le lire après un séminaire sur l’éveil était intéressant, il y a plusieurs passages qui m’ont fait penser aux questionnements sur « qui suis-je réellement et qu’est ce que la vie? ».

Ma seule critique serait la manière dont est présentée/amenée la relation amoureuse, mais elle sert aussi de support à de belles prises de conscience du personnage principal sur la manière dont la vie s’écoule et comment nous influençons sa direction… ou non.

(Une fois encore, j’aime la couverture!)